Opportunités et défis pour les athlètes qui jouent à l’étranger

     Le vétéran de l’équipe nationale masculine Adam Simac a ajouté un nouveau championnat à son palmarès ce printemps, mais celui-ci n’a pas été obtenu avec Équipe Canada. Le club professionnel d’Adam, l’Arkas Izmir de la Ligue professionnelle 1 de Turquie, a défait le Halk Bankasi par 3-1 dans une série trois de cinq, en remportant 11 des 16 manches pour enlever le championnat. Cette année, le natif d’Ottawa joue en Suisse avec le Pallavolo Lugano qui a déjà inscrit une fiche de 5-0 en ce début de saison.

     Simac est l’un des 29 athlètes de l’équipe nationale et des 63 volleyeurs canadiens qui jouent au sein d’équipes professionnelles à l’étranger cette saison, y compris Gavin Schmitt qui vient d’arriver en Turquie après la chirurgie au tibia gauche qu’il a subie à la fin de septembre. Schmitt a rejoint l’ancien club de Simac, le Arkas Izmir, avec l’espoir de répéter l’exploit de l’année dernière, soit de remporter le championnat avec son coéquipier canadien Gord Perrin et l’entraîneur en chef de l’équipe nationale masculine, Glenn Hoag.

     Lorsque la saison internationale de l’équipe canadienne prend fin, les joueurs ont le choix de rester au Canada pour s’entrainer avec leurs coéquipiers ou de se trouver un emploi ailleurs. Ces emplois se présentent souvent sous la forme de contrats dans des ligues professionnelles. Cela donne aux athlètes l’opportunité de continuer à disputer des matchs compétitifs et de maintenir une forme optimale à longueur d’année.

     Avec toutes ces ligues et divisions présentes dans de nombreux pays, les joueurs de haut calibreont plusieurs choix quand vient le temps de décider dans quelle équipe s’engager. Certains facteurs évidents comme le lieu et le salaire viennent à l’esprit en premier lieu, mais les joueurs tiennent compte d’autres considérations avant de s’engager. Les athlètes examinent la stabilité économique du pays, la performance et le professionnalisme du club et de la ligue, la visibilité offerte, les conditions de vie, la participation à des tournois européens et d’autres avantages comme l’hébergement, le transport et les repas.

     Si jouer dans un circuit professionnel peut constituer une excellente expérience pour ces athlètes, ils font face également à certains obstacles. Le plus évident est de s’éloigner de ses amis et de sa famille pour une période assez longue. Cependant, les avancées technologiques aident les joueurs à se sentir plus proches de la maison. Grâce à des logiciels comme Skype, Facebook et FaceTime, ils peuvent communiquer en temps réel avec les membres de leur famille, leurs amis et même avec leurs coéquipiers. Les joueuses de l’équipe nationale féminine ont créé un groupe Facebook qui leur permet de garder le contact alors qu’elles sont disséminées à travers le globe. Voici ce qu’en pense Jaimie Thibeault, membre de l’équipe nationale féminine : « Je pense que c’est magnifique parce qu’il est facile de se sentir seule à l’étranger, particulièrement lorsqu’on ne parle pas la langue du pays. Il est réconfortant de savoir que nous sommes nombreuses à vivre cette situation. » Thibeault en est à sa deuxième année de volleyball professionnel et sa première année avec l’Urbino Volley de la ligue féminine italienne A1, l’une des ligues les plus compétitives de volleyball féminin.

     Comme Thibeault l’a mentionné, il existe toujours la possibilité de la barrière de la langue en jouant dans un pays étranger. L’athlète masculin TJ Sanders a indiqué qu’en Hollande, la plupart des gens parlent un peu l’anglais, et ses coéquipiers de l’Abiant Lycurgus s’expriment tous plutôt bien en anglais. Cependant, en Italie, Thibeault a une coéquipière qui traduit en anglais pour elle ce que dit leur entraîneur italien. « Je sens que certaines parties m’échappent toujours ou peut-être que parfois c’est mal traduit », de raconter la joueuse de centre originaire de Sylvan Lake en Alberta. Parfois, il peut être difficile de communiquer en dehors du terrain, mais la plupart des athlètes disent qu’une fois sur le terrain, le langage international du volleyball aide à franchir cette barrière.

     Selon certains joueurs canadiens, il existe d’autres inconvénients à jouer à l’étranger. En effet, tout dépend de l’endroit, mais parfois les installations ne sont pas tout à fait adéquates, les horaires d’entraînement ne sont pas optimaux, le niveau de jeu peut diminuer et les risques de blessures en raison de la fréquence des compétitions augmenter. « Depuis que la saison a commencé, notre équipe a pratiquement joué tous les trois jours, ce qui a été vraiment difficile. Les tournois avec l’équipe nationale sont difficiles, c’est vrai, mais sont différents parce qu’il y a des matchs chaque jour pendant une semaine », d’expliquer Shanice Marcelle, qui en est à sa première saison professionnelle avec le Dresdner SC en Allemagne. « L’envers de cette situation c’est qu’il y a peu de jours de repos et par conséquent l’entraînement et la compétition deviennent très exigeants pour le corps ». Malgré l’effort physique que ce genre d’horaire impose aux joueurs, ces inconvénients sont souvent contrebalancés par l’expérience que le joueur vit en résidant dans un autre pays, en adoptant une nouvelle culture, en rencontrant d’autres gens, en améliorant leur jeu et endisputant des matchs importants.

     En plus de l’expérience qu’acquièrent les volleyeurs en jouant avec d’autres athlètes et entraîneurs, ils développent une meilleure vision du jeu. « Je crois qu’on ne peut améliorer son niveau de jeu qu’en étant entouré des meilleures au monde. De plus, en les côtoyant, on apprend beaucoup de choses à leur sujet qu’on peut utiliser comme outil lorsqu’on revient dans l’équipe nationale et qu’il faut jouer contre elles », raconte Thibeault à propos des autres joueuses évoluant en Italie.

     Certains athlètes d’Équipe Canada jouent ensemble depuis des années, ils ont des rôles distincts dans l’équipe et ont développé une certaine chimie avec leurs coéquipiers. Les joueurs au sein des équipes professionnelles changent d’une année à l’autre, et très souvent, avant d’arriver dans l’équipe, ils n’avaient jamais joué avec leurs coéquipiers. Cette situation les force à unir leurs forces en tant qu’équipe et à élaborer leur jeu plus rapidement. L’objectif commun d’une équipe n’est pas le même pour les équipes professionnelles et les équipes nationales. « Contrairement à ce qui se passe au sein des équipes professionnelles, lorsqu’on joue dans l’équipe nationale, on sait que tous les membres de l’équipe sont là pour représenter leur pays. Nous ne jouons pas pour l’argent, nous jouons pour la fierté nationale et personnelle chaque fois que nous revêtons la feuille d’érable. Personne n’a de motivations secrètes au sein d’Équipe Canada, car seule l’équipe compte », a indiqué Simac, qui en est présentement à sa huitième saison professionnelle de volleyball en Europe.

     La plupart du temps, au Canada, les jeunes athlètes se concentrent davantage sur la possibilité de porter un jour l’unifolié et de représenter le Canada. Beaucoup d’entre eux ne sont même pas au courant de la possibilité de jouer au volleyball professionnel dans d’autres pays. Sanders prodigue quelques conseils aux jeunes joueurs désireux de jouer à l’étranger : « Faites des recherches sur l’organisation et sur l’endroit où vous jouerez, puis allez-y avec l’esprit ouvert. Il y a aura de nombreuses situations inattendues lorsque vous serez là-bas, et vous expérimenterez une autre culture. Profitez de l’expérience et des défis qui accompagnent cette opportunité. Parlez avec les autres athlètes qui ont déjà fait cette expérience ainsi qu’avec les entraîneurs qui peuvent avoir une idée de la façon dont les choses se passent là-bas ».

     Adam Simac a un conseil pour ces jeunes qui joueront peut-être plus tard au niveau professionnel, et le même peut s’appliquer aux membres de la famille, aux amis et aux partisans du sport : « Il faut s’attendre à l’inattendu ».


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